Des taches ou détritus sur les trottoirs, des murs décrépis, d’affiches en lambeau dans le métro, du métal rouillé, de pierres m’apparaissent des créatures parfois humanoïdes, parfois animales ou végétales, souvent hybrides. Comme certains yôkai qui apparaissent et charment qui sait les voir. D’ailleurs le mot yôkai n’est-il pas formé des caractères attraction-enchantement et mystère-apparition ? Les personnages du manga GeGeGe no Kitarô, les Pokemon et les créatures de Tim Burton ne sont pas loin non plus.
Rendre visible est le moteur d’une peinture instinctive et suggestive. Et comme le disait Marlene Dumas, la peinture suggère toutes sortes d’histoires mais ne dit rien de ce qui se passe.
Est-ce moi qui vois ou ces créatures qui se laissent voir ? Est-ce qu’elles sont les esprits des trottoirs, des murs des lieux ? Je suis peut-être alors un passeur entre ce monde latent surnaturel et notre monde qui résonne de sa finitude.
